prix concours number one
Prix de concours n°1
On est jamais trahi que par ses amis, ainsi ma chère Noune,
heureuse gagnante du concours, m’a chargé de disserter sur la poésie de la
ville. A moi, Mythologik. Moi qui ai la fibre poétique d’un caillou
misanthrope. Si ça ce n’est pas du sadisme, je ne sais pas comment l’appeler.
Et
encore je m’en tire bien, elle aurait pu me demander un poème sur la ville. Les
grands auteurs en auraient pleuré dans leur cercueils tellement je suis
mauvaise à cet exercice. (Ah, Noune me signale dans l’oreillette que ce n’est
pas du sadisme mais « de la stimulation créatrice »…)
Que
dire sur la poésie de la ville ? Je pourrais me lancer sur la solidarité
humaine qui s’y révèle, mais en parler en rencontrant la misère dans les rues
de la capitale, ces gens qui n’ont pas de logement et qui sont ignorés à
longueur de journée. Surtout, ne les regarde pas ma chérie, tu risquerais de te
rendre compte de leur malheur.
Sans
oublier l’indifférence totale que vous inspirent tous ces gens que vous croisez
sur votre chemin, la tête perdue dans les méandres de vos pensées qui ne
regardent que vous. (Il ne faut jamais essayer d’entrer dans la tête de
quelqu’un d’autre, on ne sait jamais ce qu’on peut y trouver.)
La
beauté des rues ? Effectivement, tant de poésie dans la capote usagée qui
traine sur le trottoir et la crotte de chien dans laquelle vous avez marché il
y a deux jours. Avec le pied droit, évidemment.
Et que dire du sentiment de
sécurité absolue qu'on y éprouve, à tel point que l’administration de mon école
nous recommande vivement de ne traverser le parc de nuit à moins d’être un
groupe constitué de plus d’une personne. (Les personnes souffrant de
dédoublement de la personnalité sont donc tout aussi concernées.)
Mais je ne m’appelle pas
Rousseau, on peut voir des choses magnifiques dans une ville. La solidarité est
peut-être inégale, mais elle existe, et heureusement. Elle passe par des petits
gestes, comme donner l’heure à une personne qui craint d’être en retard à son
rendez-vous, prendre en photos des touristes qui souhaitent une photo sans
absent, qui restera tout un symbole pour eux, voire leur indiquer un chemin.
Votre anglais n’est pas parfait ? Qu’importe, vous aurez essayé.
Mais elle se manifeste aussi par
des gestes plus importants, en s’occupant d’une personne qui viendrait de faire
un malaise, avec bien sûr l’espoir que quelqu’un ferait la même chose pour
nous. Appeler les secours et attendre avec cette personne leur arrivée est un
geste qu’elle n’oubliera probablement pas.
C’est dans ces petits et grands
moments que l’on se souvient que les robots à la démarche automatique que l’on
croise ont aussi une vie à eux, une histoire, et un avenir, en se posant de
petites questions comme « Va-t-elle arriver à l’heure à son rendez
vous ? » ou bien « J’espère que la photo leur plaira » et
surtout « Va-t-il s’en remettre ? »
Quant à
la beauté de la ville, si les trottoirs n’étaient qu'immondices et substances
nauséabondes, à quoi bon y faire du tourisme ! Si du slalom est parfois
nécessaire à la survie de vos chaussures neuves, d’autres rues sont magnifiques
et donnent leurs lettres de noblesses à leur architecte. (Vous êtes vous déjà
baladé sur les Champs Elysées par temps de pluie ?) On y trouve aussi des
bâtiments, qui vont du palais à la simple petite église qui survit aux agressions
du temps.
Ils régalent nos yeux de ce que
l’homme peut construire de plus beau. Jeux de lumières, jeux de couleurs, jeux
de formes, tout est bon pour rester dans nos mémoires et dans celle de notre
appareil photo.
La
poésie dans la ville ? Elle existe si on prend le temps de l’observer,
sans pour autant se cacher de ce qui nous dérange. Déambuler, garder le nez en
l’air, ne rien laisser échapper à ses yeux et ses oreilles, seul ou en groupe,
est un de mes plus grands plaisirs.
Article ajouté le 2008-02-15 , consulté 111 foisCommentaires
noune le 29/03/2008 à 23:50:36
c'est pas mal, t'as fait l'effort, mais ça manque de souplesse tout ça ^^
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